Hommage à Henri Moreau-Guerre 14-18

Mon arrière-grand-père Henri Moreau fut soldat durant la Première Guerre Mondiale.

 

Âgé de 44 ans et père de 4 enfants lorsqu'éclate le conflit, il est malgré tout mobilisé le 15 avril 1915, 2 jours après le décès de sa fille aînée Anne-Marie, 12 ans, morte de la méningite. Né à Port-Saint-Père, le 8 septembre 1870, il s’installe à Corsept, petite commune rurale de la rive sud de l’estuaire de la Loire. Il exerce le métier de vétérinaire et occupe le poste de conseiller municipal pour l'administration de sa commune.

 

Il lui aura fallu sans doute bien du courage et un sens du devoir infaillible pour laisser sa famille en grand deuil et rejoindre le 81ème Régiment d’Infanterie Territoriale en Lorraine dans la région de Nancy. Même si les soldats de cette catégorie de régiment sont en général préservés des premières lignes du front en raison de leur grand âge et de leur manque d’entraînement, du fait de la mauvaise tournure des événements, ils durent s’engager dans la bataille et avec parfois une participation indirecte dans les combats.

 

En raison de son métier, on confia à mon arrière-grand-père  le soin des chevaux blessés au front, qui pouvaient encore servir. En effet, l'emploi des chevaux est  largement utilisé  dans la cavalerie, l'artillerie, l'intendance, l'acheminement des cantines... Ils payèrent un lourd tribut à la guerre puisque l'on estime que 8 millions périrent pendant la durée du conflit sur les 10 ou 16 millions impliqués. 1 million d'entre eux trouvèrent  la mort côté français, en cause : la dermatose, la gale, les attaques chimiques, le manque de fourrage. Sur ce million, 35% furent abattus par les militaires français pour abréger leurs souffrances et éviter la propagation d'épidémies.

 

A partir du 6 mai 1917, Henri Moreau est affecté au service de la garde des voies de communication (GVC) à Rouez non loin du Mans dans la Sarthe jusqu’au 12 août de la même année. Le 3 août 1917, Adrienne, une autre de ses filles, alors âgée de 10 ans, ma grand-mère, lui écrit très simplement avec ses mots d’enfant, une véritable ode à la vie, alors qu’elle porte elle aussi dans son cœur la douleur de la perte de sa sœur : «(…) Si tu savais, Papa, comme c’est beau dans notre jardin : les poiriers sont chargés de poires, les pruniers sont chargés de prunes. Les branches ont cassé. Les treilles ont de beaux raisins. Les pommes de terre et les pois sont de toute beauté (…) ».

 

Il finit par rentrer chez lui définitivement le 17 septembre 1917 pour reprendre le cours de sa longue vie : il décède le 7 mars 1962. 

 

Anne Forest

 

Henri Moreau, mon arrière grand-père, se situe au 3eme rang, le 1er en partant de la droite. Cette photo a probablement été prise en hiver puisqu'il y a de la neige au sol (soit l'hiver 15-16 ou l'hiver 16-17), possiblement sur le quai d'une gare en Lorraine dans la région de Nancy.

Carte postale représentant des soldats du 81eme RIT durant la Grande Guerre  mise en ligne sur le site internet chtimiste.com.Collection privée.


Carte postale représentant une photo d'Anne-Marie Moreau (la plus grande) et de sa sœur Adrienne (ma grand-mère) sans doute prise peu de temps avant le début de la Grande Guerre.

 Carte postale adressée par Adrienne Moreau à son Papa lorsqu'il était à Rouez le 3 août 1917. On remarque l' illustration satirique et patriotique : des allemands déconfits en train de cuire dans la marmite des Poilus. Préfiguration de la victoire à venir.

 



Sources

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